L'émission de radio (d'une durée de 52 minutes), animée par Sylvie Caqué, est enregistrée tous les mardis à Radio Accords Poitou et diffusée sur cette même station ainsi que sur RCF La Rochelle, Radio Terre Marine et Radio Accords Angoulême Emission de la semaine
| L'invité : Yorrick Benoist |
Yorrick Benoist gérant de Run Productions Alim Qasimov, Danyel Waro, Maurice El Medioni, la regrettée Cesaria Evora, ces noms résonnent à nos oreilles, d’autres nous sont un peu moins connus : kobo Town, Ayarkhaan, El Tanbura… Venus du Cap Vert, d’Azerbaidjan, d’Egypte, de la Réunion, de Russie, de Trinidad-Tobago, voici quelques-uns des musiciens produits par Yorrick Benoist. Depuis le village de Lavausseau, situé à 25 kms de Poitiers, Yorrick Benoist est en relation avec le monde entier. Depuis 25 ans, il défend passionnément et avec énergie les musiques du monde, qu’elles soient traditionnelles, populaires, actuelles ou régionales et les musiciens qui les représentent, à travers sa société Run Productions. Yorrick Benoist appartient à cette catégorie de producteur indépendant, prêt à mouiller sa chemise pour un artiste qu’il aime, prêt à parcourir des kms pour découvrir un nouveau talent, prêt à remuer ciel et la terre pour organiser la tournée du Super Rail Band de Bamako ou de l’orchestre congolais Konono n°1, à l’heure ou l’obtention d’un visa pour un musicien africain relève du parcours du combattant. Run Productions produit aujourd’hui environ 400 concerts par an, non seulement en Europe, mais aussi au Japon, en Australie et aux Etats-Unis.
Les émissions de la saison - Émission du 17 janvier 2012 : Eric Bergeonneau - L'Atelier du Caméléon - Émission du 10 janvier 2012 : Jean-Pierre Duffourc-Bazin - Cie Opéra en Poche - Émission du 3 janvier 2012 : Christelle Beaujeon - La Carré Amelot à La Rochelle - Émission du 20 décembre 2011 : Eric Fessenmeyer et Julie Coutant - Cie La Cavale - Émission du 13 décembre 2011 : Martine Fontanille - Cie Haute Tension - Émission du 6 décembre 2011 : Yves Beaunesne - Centre dramatique Poitou-Charentes - Émission du 15 novembre 2011 : Claude Lalu - Théâtre du Bocage - Émission du 8 novembre 2011 : Marion Bati - Les Eclats Chorégraphiques - Émission du 25 octobre 2011 : Aymeri Suarez Pazos - Cie des Puys - Émission du 18 octobre 2011 : Anne Morel - Cie Sans Titre Production et Tishou Aminata Kane - Émission du 11 octobre 2011 : Richard Sammut - Le Théâtre Sabir et Alain Enjary - Émission du 27 septembre 2011 : Pascal Ducourtioux - Émission du 20 septembre 2011 : le duo L'Inquiétant Suspendu - Émission du 13 septembre 2011 : Sale Petit Bonhomme avec Jean-Jacques et Aurélien Mouzac - Émission du 6 septembre 2011 : Lalbatros avec Isabelle Autissier, Didier Dubreuil et Michel Lefort
 | L'invité : Eric Bergeonneau |
Eric Bergeonneau, metteur en scène, directeur artistique de la compagnie l’Atelier du caméléon et Marie-Hélène Garnier, comédienne "Je te crains. C'est une angoisse si présente qu'elle fait partie de moi, quotidienne à tel point que je ne la vois plus". C’est par cette phrase cinglante que commence le roman de Marie-Sabine Roger Et tu te soumettras à la loi de ton père. Dans ce livre, paru en 2008, la narratrice est une petite fille de 10 ans. Cette héroïne sans nom, parle de son père aveuglé par sa foi, avec des mots qui claquent et qui résonnent. Elle refuse la soumission, elle dénonce, accuse et se révolte contre l’injustice et l’ignorance. Ce sont ces mots d’une enfant éprise de liberté et de justice qui ont touché le comédien et metteur en scène Eric Bergeonneau, directeur artistique de la compagnie poitevine l’Atelier du caméléon. Après avoir obtenu l’accord enthousiaste de Marie-Sabine Roger, il décide de rendre publique cette parole en l’adaptant pour le théâtre et devient Les commandements d’une princesse. C’est la comédienne Marie-Hélène Garnier, entraînée au jeu masqué et à l’art de la transformation qui incarne sur scène la fillette. Un seul en scène convoquant le geste, le son, l’image et la lumière, qu’Eric Bergeonneau a voulu au plus près de l’écriture de l’auteure. Le spectacle Les commandements d’une princesse sera présenté pour la première fois au public du 26 au 28 janvier à la Fabrique du Vélodrome à La Rochelle, puis du 16 au 19 février à Cap Sud à Poitiers.
 | L'invité : Jean-Pierre Duffourc-Bazin |
Jean-Pierre Duffourc-Bazin, metteur en scène et directeur artistique de la compagnie Opéra en Poche Si je vous dis opérette, vous pensez à Francis Lopez, Luis Mariano, Jacques Offenbach, Johann Strauss… Il fut une époque où les salles de spectacles se disputaient ce genre musical qui mêle sur scène la comédie, le chant et parfois la danse. Une époque où le public se déplaçait en masse voir ces spectacles joyeux, aux airs entraînants et entêtants, aux décors spectaculaires, aux histoires qui se terminaient toujours bien… Mais voilà les temps ont changé et l’opérette est tombée en désuétude, n’intéressant plus ni le public, ni les jeunes générations d’auteurs et de compositeurs. Quelques militants ont toutefois décidé de reprendre le flambeau, de faire évoluer le genre, de rajeunir le public et de rappeler que l’opérette fait aussi partie de notre patrimoine musical. Jean-Pierre Duffourc-Bazin est de ceux-là : le comédien metteur en scène, créateur du fameux Théâtre populaire de Châtellerault a fondé, il y a un peu plus de deux ans, Opéra en Poche, une compagnie de théâtre lyrique de poche, comme son nom l’indique. Dédiée aux petites formes, la compagnie monte des opéras, des opérettes, des spectacles de théâtre musical ne nécessitant qu’un nombre limité d’artistes : chanteurs, musiciens, comédiens, danseurs et peu de besoins techniques, pour permettre la représentation en tout lieux, même les plus insolites. La compagnie châtelleraudaise tourne en ce moment avec deux spectacles : un opéra comique de Donizetti : Rita ou le mari battu présenté le 18 février au Théâtre Charles Trénet à Chauvigny, dans la Vienne et un 2ème spectacle composé de deux opérettes : Le baiser à la porte de Charles Lecocq et Un mari à la porte de Jacques Offenbach que l’on pourra voir ou revoir le 20 janvier au Nouveau théâtre à Châtellerault.
 | L'invitée : Christelle Beaujeon |
Christelle Beaujeon, directrice du Carré Amelot à La Rochelle et Bruno Benoist, marionnettiste, animateur de l'atelier "marionnette et théâtre d'objets" au Carré Amelot Entre les vieilles halles du marché de La Rochelle et le Quai Maubec qui longe le canal de Rompsay, au cœur du quartier de l’Arsenal se dresse Le Carré Amelot. En contemplant ce bâtiment tout en longueur un peu austère, on ne s’imagine pas se trouver devant un haut lieu culturel de la ville de la Rochelle dédié très précisément aux arts de l’image et aux arts des sons. La photographie, l’audiovisuel, le multimédia, l’art électroacoustique, le théâtre de marionnettes et d’objets y sont à l’honneur grâce à l’impulsion et au dynamisme de sa directrice Christelle Beaujeon, à la tête de la structure depuis 2002. Le Carré Amelot est un lieu de pratique, de diffusion et de création. Au cours de la saison une dizaine de spectacles y sont programmés autour du théâtre de marionnettes, du théâtre d'objet et d'ombre, à destination du jeune public et des familles. Le soutien à la création s’exerce à travers l’accueil en résidence d’artistes qui peuvent y mener un travail de recherche et de création. Les ateliers de pratique et les stages sont légion au Carré Amelot : des arts plastiques à la bande dessinée en passant par la marionnette et le théâtre d’objets, animé par Bruno Benoist. Ce marionnettiste, comme les autres artistes qui animent ces ateliers avec passion, permettent aux amateurs de s’initier aux joies de la création artistique.
 | Les invités : Eric Fessemeyer et Julie Coutant |
Eric Fessenmeyer et Julie Coutant, chorégraphes-danseurs de la Cie La Cavale La peinture de Francis Bacon ne laisse pas indifférent. Celui qui a déjà regardé ses tableaux ne peut être que frappé par l’étrangeté qui s’en dégage. Certains parlent d’une œuvre violente, torturée et dérangeante car ses tableaux exaltent la chair, les corps et les visages, sous des traits déformés. Ce qui caractérise la démarche de Francis Bacon, c’est une conception existentielle de l’homme. Un homme soumis à ses pulsions qui sont contenus dans son enveloppe charnelle et que le peintre ne cesse de fouiller, de labourer, de retourner. C’est cette peinture qui a inspiré les chorégraphes danseurs Eric Fessenmeyer et Julie Coutant de la Cie La Cavale dans la création de leur nouvelle pièce : Yuen. Ce spectacle, interprété par Eric Fessenmeyer, seul en scène, s’inscrit dans la continuité de leurs recherches menées sur le corps, à l’occasion de la création de leur précédente pièce : Le vertige des curieux, crée en 2010. Yuen, c’est l’énergie située dans le ventre dans la pensée taoiste, c’est pour les deux chorégraphes un plongeon vers l’origine, la source du mouvement, les racines de ce qui nous anime. Corps sans contours, nœuds de chair. Yuen sera pour la première fois présenté au public le 7 janvier au Centre de Beaulieu à Poitiers.
 | L'invitée : Martine Fontanille |
Martine Fontanille, metteure en scène de la Compagnie Haute Tension et les comédiennes Fanny Chabanne et Marie-Claire Vilard Trois femmes se sont enfermées dans un atelier de confection. Cet atelier va être délocalisé. Elles attendent des négociations ou leur évacuation par la force. L’extérieur est menaçant et l’attente difficile. Elles se mettent à jouer pour tromper leur angoisse, leurs peurs, une pièce qu’elles ont peut-être étudiée à l'école : l’Avare de Molière. Le théâtre dans le théâtre. Dans son Avare, présenté il y a quelques jours au public rochelais, Martine Fontanille, metteure en scène de la Cie Haute Tension convoque l’Avare de Molière pour parler de la problématique économique d’aujourd’hui en général et décrire la situation que sont en train de vivre, en particulier, ces trois femmes, jouées par Fanny Chabanne, Marie-Claire Vilard et Martine Fontanille elle-même. Le parallèle entre le texte classique écrit en 1668 et le drame vécu par les trois ouvrières souligne la modernité de l’Avare de Molière et de son personnage principal Harpagon – obnibulé par sa cassette – nous évoquant un grand patron d’aujourd’hui qui ne pense qu’aux bénéfices au détriment des employés mis sur le carreau. Molière lui-même à travers ses pièces ne dépeignait-il pas la réalité sociale de son époque ?
| L'invité : Yves Beaunesne |
Yves Beaunesne, metteur en scène et directeur du Centre dramatique Poitou-Charentes et les comédiens Laure Bonnet, Fanny Mary, Thomas Condemine et Damien Bigourdan Avec trois spectacles à l’affiche, entre décembre et février prochain, la période est intense pour le Centre dramatique Poitou-Charentes, et pour son nouveau directeur : le metteur en scène Yves Beaunesne. Il présente en ce moment sa 1ère saison, très attendue, avec Pionniers à Ingolstadt de Marieluise Fleisser, L’intervention de Victor Hugo - une deuxième création qu’il dévoilera en février, et entre ces deux spectacles, il reprendra une pièce un peu plus ancienne : Récit de la servante Zerline de Hermann Broch. On le voit, les projets artistiques ne manquent pas, auxquels s’ajoutent des actions de formation, et de sensibilisation, des résidences de compagnies et d’artistes, des collaborations et des partenariats. Depuis son arrivée à la tête de l’institution régionale, le metteur en scène peut se réjouir, d’avoir constitué autour de lui, une nouvelle équipe et d’avoir obtenu le label de centre dramatique national. Un label bienvenu par les temps qui courent, qui va lui permettre d’amplifier sa mission, et faire connaître la création théâtrale régionale au-delà du Poitou-Charentes, tout en confortant sa dimension régionale. Bref, le Centre dramatique Poitou-Charentes se porte bien, qu’on se le dise !
 | L'invité : Claude Lalu |
Claude Lalu, metteur en scène et directeur de la compagnie Théâtre du Bocage et les comédiens Kamal Rawas et Hugues Massignat De la fin des années 70 jusqu’au moment de sa mort en 1989, Bernard-Marie Koltès a écrit plusieurs textes pour le théâtre : Quai Ouest, Dans la solitude des champs de coton, Roberto Zucco, et bien sûr Combat de nègre et de chiens, écrit en 1979. Ecoutez comme il en parle : « J'avais été pendant un mois en Afrique [en 1978] sur un chantier de travaux publics, voir des amis. Imaginez, en pleine brousse, une petite cité de cinq, six maisons, entourée de barbelés, avec des miradors ; et, à l'intérieur, une dizaine de blancs qui vivent, plus ou moins terrorisés par l'extérieur, avec des gardiens noirs, armés, tout autour. C'était peu de temps après la guerre du Biafra, et des bandes de pillards sillonnaient la région. Les gardes, la nuit, pour ne pas s'endormir, s'appelaient avec des bruits bizarres qu'ils faisaient avec la gorge... C'est ça qui m'avait décidé à écrire cette pièce, le cri des gardes. Elle parle surtout de trois êtres humains isolés dans un lieu du monde qui leur est étranger, entourés de gardiens énigmatiques. Raconter le cri de ces gardes entendu au fond de l'Afrique, le territoire d'inquiétude et de solitude qu'il délimite, c'était un sujet qui avait son importance ».
Combat de nègre et de chiens, c’est à cette pièce que s’attaque aujourd’hui Claude Lalu, metteur en scène au sein de la compagnie bressuiraise Théâtre du Bocage. L’Afrique, le racisme, le néo-colonialisme, le choc des cultures, tous ces sujets abordés par Koltès résonnent en lui. Comme Koltès, en 1978 il a vécu en Afrique de l’Ouest pour le compte d’une ONG. On comprend pourquoi Claude Lalu avait à cœur de monter cette pièce qui le touche personnellement. Combat de nègre et de chiens sera présentée pour la première fois au public les 9 et 10 décembre au Palais des congrès à Parthenay et le 15 décembre au Théâtre de Thouars.
 | L'invitée : Marion Bati |
Marion Bati, directrice artistique et fondatrice du festival Les Eclats Chorégraphiques et Giulia Arduca, danseuse chorégraphe Depuis huit ans maintenant Les Eclats Chorégraphiques s’invitent en région Poitou-Charentes, où ils sont devenus un moment incontournable de la danse contemporaine, grâce à la passion et la ferveur de celle qui a fondé et qui dirige ce festival : Marion Bati. Pendant 10 jours, du 17 au 27 novembre, Les Eclats Chorégraphiques vont nous ouvrir les yeux sur la diversité de la danse contemporaine, nous révéler des esthétiques nouvelles, nous faire découvrir des chorégraphes venus d’autres pays et des talents émergents. Présents dans les grandes villes comme dans les petites communes telles que Marennes en Charente-Maritime, Civray dans la Vienne, La Crèche dans les Deux-Sèvres ou encore Barbezieux en Charente, Les Eclats Chorégraphiques cultivent la proximité pour rapprocher le danseur et le public. Au programme de cette 8ème édition : des spectacles en solo, en duo, en trio, sous forme de traversées poétiques, de fantaisies humoristiques, de folies douces, d’improvisations, mais aussi en dehors des spectacles des cinéma-danse, des moments de décryptage, des stages et des ateliers de pratique. Une diversité d’approches, pour mieux comprendre la danse contemporaine et pour l’aimer, tout simplement.
 | L'invité : Aymeri Suarez Pazos |
Aymeri Suarez-Pazos, comédien et metteur en scène de la Cie des Puys, Aude Suarez-Pazos, comédienne et Eric Chaussebourg, comédien Apura tatam Foya, qu’est ce donc qu’Apura tatam Foya : une incantation, une formule magique, un mantra ? Non, rien de tout cela, Apura tatam Foya est le nom d’une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Aymeri Suarez-Pazos, directeur artistique de la toute jeune compagnie des Puys. Aymeri Suarez-Pazos nous embarque pendant 2h10 dans une aventure théâtrale comme on les aime, un peu folle, convoquant sur scène pas moins de dix acteurs, deux musiciens, autant de costumes, sans parler des artifices de scène. L’histoire raconte une épopée, celle d’un homme dénommé Alpha. Alpha surgit par un trou de l'Histoire sur le plateau du théâtre, fuyant les conflits auxquels il est mêlé. Passant du côté des spectateurs, il assiste au déferlement de personnages et de scènes issus de toutes époques tourmentées ; chacun se livre et disparaît. Lui-même tente son propre récit, mais il se trouve bouté hors de scène par ses propres personnages et trouve son théâtre empli de l'épopée du monde. Jusqu'où mène cette aventure ? Réponse lors de la création de la pièce qui sera présentée pour la première fois au public, le 4 novembre au Théâtre Charles Trenet à Chauvigny dans la Vienne.
 | L'invitée : Anne Morel |
Anne Morel, comédienne et metteure en scène de la Cie Sans Titre Production et Tishou Aminata Kane, chorégraphe danseuse Inspirée par les travaux de l’américaine Judith Buttler sur le genre masculin/féminin comme construction sociale - la fameuse théorie du genre comme on l’appelle en France - la comédienne et metteure en scène Anne Morel s’est lancée dans une aventure artistique autour de ce que l’anglais appelle gender et qui désigne, en français, à la fois le genre masculin/féminin et le sexe. Avec sa compagnie dénommée Sans Titre Production Anne Morel travaille donc, au travers du prisme du sexe et du genre, sur la question de la norme, de l’identité et de la place de l’individu dans la société. Une aventure artistique mais aussi une recherche qui est devenue un combat pour l’égalité H/F dans le spectacle vivant, entre autres, et un paradigme qui décline « l’esprit gender », comme elle le nomme, dans tous ses spectacles : une première création, intitulée La Gender Conférence, ou la troublante conférence sur le sexe et le genre, puis la trilogie Portraits de Genre Humain 1, 2 et 3 et enfin El Misanthrope qui viendra clore la thématique en 2013. « L’esprit gender », c’est aussi brouiller les genres artistiques, déplacer les frontières des disciplines, en proposant des spectacles mêlant danse, théâtre, hip hop, slam, création numérique, comme dans Portrait de genre humain 1 – La Case Noire, un duo entre Anne Morel et la danseuse hip hop Tishou Aminata Kane qui sera présenté pour la première fois au public le 22 octobre à l’occasion du festival Hip Hop & Co à Poitiers.
 | L'invité : Richard Sammut |
Richard Sammut, comédien et metteur en scène de la Cie Le Théâtre Sabir et Alain Enjary, comédien Connaissez-vous Branimir Scepanovic ? Non, moi non plus. On ne sait rien de Branimir Scepanovic, du moins sur sa vie, car ses œuvres commencent à être connues : La mort de monsieur Golouja, L’été de la honte, Avant la vérité, La bouche pleine de terre. Branimir Scepanovic est auteur, il est serbe et il est né en 1937. On ne sait rien d’autre sur l’homme. Après tout qu’importe, ses romans parlent pour lui. Scepanovic est le genre d’auteur qui ne vous lâche plus une fois que vous êtes entré dans son œuvre. Ce n’est pas le comédien metteur en scène Richard Sammut qui va me démentir, lui qui a choisi de porter à la scène La bouche pleine de terre. L’histoire raconte la fuite d'un homme pourchassé, à travers une vaste forêt proche du Monténégro. L'auteur fait alterner le point de vue des poursuivants et celui du fugitif, dans une course haletante, symbolique et métaphysique. Dans son adaptation pour le théâtre, Richard Sammut nous embarque dans une expérience fantastique, dans laquelle récit, images et sons s’interpénètrent. Trois personnages se partagent la scène : le danseur Eric Fessenmeyer, le comédien Alain Enjary, et Richard Sammut lui-même. La bouche pleine de terre est la première pièce de la toute jeune compagnie qu’il vient de créer et qu’il a appelé Le Théâtre Sabir. La bouche pleine de terre sera présentée pour la première fois au public les 14 et 15 octobre à Cap Sud à Poitiers.
| L'invité : Pascal Ducourtioux |
Pascal Ducourtioux, guitariste et percussionniste Quand on quitte l’Europe, en continuant en direction de l’Asie, sur l'antique route de la soie on trouve la Turquie. A cheval sur deux continents, elle fait le lien entre l'Orient et l'Occident. Parti de l’est de la Turquie, le musicien Sidar Güres a posé ses valises, il y a quelques années à La Rochelle. C’est là qu’il fait la connaissance du musicien rochelais Pascal Ducourtioux. Un dialogue fécond s’établit entre les deux hommes donnant naissance au duo Harmane. L’un chante et est maître de baglama, un instrument à cordes, le plus répandu de la famille des saz, l’autre joue de la guitare et des percussions. Ensemble, ils revisitent le répertoire traditionnel turc et créé de nouveaux morceaux dans un esprit de rencontre interculturelle. Un duo qui s’enrichit de la compréhension des différents aspects et de la complexité de leur culture respective. Un message de partage et de paix qui a tout son sens dans le monde d’aujourd’hui.
| L'invité : L'Inquiétant Suspendu |
Pascale Berthomier au violoncelle et Xavier Vochelle à la guitare et au clavier. Dans la France des années 1920, naît un mouvement cinématographique novateur autour du critique et réalisateur Louis Delluc. Cette avant-garde, comme on l’appelait à l’époque, regroupe une poignée de cinéastes décidés à faire du cinéma un art radicalement neuf donnant toute sa place au langage visuel, et dans lequel la narration par le texte n'a plus sa place. La cinéaste Germaine Dulac fut une pionnière de cette avant-garde du cinéma des années 20, aux côtés d’Abel Gance, de Marcel l’Herbier ou de René Clair. Dans ses films, elle multiplia les déformations de l’image, les flous et surimpressions, les mouvements virtuoses de la caméra et les effets de montage, pour réaliser un cinéma d’art qui tienne son rang parmi les autres formes artistiques. Près d’un siècle plus tard, un duo de musiciens Picto-charentais s’intéresse à l’œuvre de Germaine Dulac et nous invite à la découvrir à travers leur musique. Ce duo, c’est L’inquiétant Suspendu formé par Pascale Berthomier au violoncelle et Xavier Vochelle à la guitare et au clavier. L'Inquiétant Suspendu a composé ainsi la musique de quatre films de la réalisatrice dont La Coquille et le Clergyman considéré comme un chef d’œuvre du cinéma surréaliste. La Coquille et le Clergyman n’est pas seulement un ciné-concert, qui a valu à L’inquiétant Suspendu un double prix au festival 2010 de Bolzano en Italie, c’est aussi un album numérique, sorti cette année, et que l’on peut écouter tranquillement chez soi à l’approche de l’obscurité.
 | L'invité : Sale petit bonhomme |
Jean-Jacques Mouzac et Aurélien Mouzac du groupe Sale petit bonhomme Chanter les mains et dire les signes est le fruit de la rencontre improblable entre trois musiciens et un comédien sourd de naissance. Les musiciens, ce sont le chanteur guitariste Jean-Jacques Mouzac, le guitariste Aurélien Mouzac et le contrebassiste Thierry Heraud du groupe Sale petit bonhomme. Le comédien c’est Olivier Schetrit. Chanter les mains et dire les signes est un projet inédit, un concert d’un nouveau genre autour des chansons du trio poitevin et de la Langue des signes française interprétée sur scène par une spécialiste Maud Thibault et Olivier Schetrit. Le souhait de ce quintette est de permettre à un public sourd d'accéder à un spectacle de chansons à texte, et de donner du sens à la rencontre des deux cultures, sourde et entendante. Un spectacle qui donne à la langue et aux mots un rôle central et qui n’aurait sans doute pas déplu à Georges Brassens, dont Sale petit bonhomme s’inspire et à qui il rend hommage à travers la chanson Un voyage à Sète. Chanter les mains et dire les signes a été créé en avril dernier et il sera présenté à nouveau le 7 octobre à Poitiers dans le cadre du festival Les Expressifs.
 | L'invité : le collectif Lalbatros |
Isabelle Autissier, navigatrice, conteuse et musicienne, Didier Dubreuil, chanteur des Dièses et Michel Lefort, chanteur de Cap'tain et Cie La mer inquiète autant qu’elle fait rêver. Entre attirance et répulsion, la mer fascine, depuis toujours, car elle est hors du temps, insaisissable et sans limite. La mer est un voyage, vers n’importe où, vers la peinture, la littérature, le cinéma, la musique. La mer, c’est ce qu’ont en commun le groupe les Dièses, le trio Cap’tain et Cie et le duo formé par la navigatrice Isabelle Autissier et le musicien Pascal Ducourtioux. Trois groupes qui chacun à leur façon : carnets de voyages, chansons de marin, souvenirs de navigation... racontent en mots, en musique, en chanson... la mer, les voyages, les rencontres, les émotions aussi, car « la mer est notre miroir » disait Beaudelaire. Une aventure musicale « entre scène et mer » démarrée en 2010 au sein de Lalbatros, pour ne pas dire sous son aile… Une aventure à laquelle se mêlent images et vidéo qui nous donne l’envie furieuse de larguer les amarres.
Entre deux concerts ou entre deux expéditions, Lalbatros suspend son envol et vient se poser dans le studio d’Et vogue le navire, premier invité de la saison 2011/2012 que nous allons consacrer au fil de nos rendez-vous hebdomadaires à la musique, à la danse, au cirque, aux arts de la rue, de la parole et de la marionnette.
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